1. Que proposez-vous pour orienter au mieux les jeunes ?
L'orientation des jeunes est un sujet délicat, qui doit prendre en compte la situation personnelle du jeune, son environnement, ses goûts, sa capacité de travail et une foule de paramètres qui ne sont pas que scolaires, sans parler de la documentation indispensable pour connaître les formations, les écoles, les cursus différents qui peuvent mener au même objectif. A St joseph, nous proposons une prise en compte de la personnalité de chaque élève par des rencontres régulières entre l'équipe éducative, les professeurs principaux et les responsables pédagogiques. La discussion est un élément essentiel pour mieux cerner les aspirations de chacun.
Nous proposons également la visite des diverses manifestations locales qui permettent aux jeunes et à leurs familles de rentrer en contact avec les professionnels et les formations. La journée des métiers que nous venons de vivre permet le contact avec les professionnels et les institutions (armée, police, formations hospitalières, alternance ...). Nous organisons avec les 2de depuis 3 ans une visite du salon Studyrama à Nice qui est un salon d'école et de formations post-bac , et nous invitons fortement les premières et les terminales à y participer.
Nous développons également depuis plus de 20 ans les périodes d'observations en entreprises pour que les élèves puissent valider leurs choix.
Nous avons également des réunions d'information par niveau dans toutes les classes d'orientation, avec les parents, pour leur présenter les différentes possibilités, répondre à leurs questions et leur permettre d'appréhender ces phases délicates avec plus de sérénité. La réunion pour les 3è aura lieu le vendredi 15 janvier, pour les 2de la mardi 12 janvier, et pour les 1ere et terminales le mardi 19 janvier.
De plus, à partir de cette année nous organisons une immersion des élèves de1ere et terminale dans l'enseignement supérieur avec nos partenaires locaux : l'IUT de Menton et Sciences po.
2. Le monde professionnel et le milieu scolaire ne sont-ils pas encore trop éloignés ?
Le monde professionnel et le milieu scolaire restent éloignés si on ne prend pas la peine de les rapprocher. A St Joseph, nous avons choisi cinq vecteurs pour effectuer ce rapprochement :
1. L'intervention à l'école des parents d'élèves qui sont concernés par le parcours scolaire de leurs enfants et qui sont des professionnels.
2. Les anciens élèves insérés dans la vie professionnelle qui peuvent parler de leur récent cursus de formation, et de leur récente insertion professionnelle.
Ces deux premiers points sont les fondements de la journée des métiers que nous venons de vivre.
3. Les périodes d'observations en entreprises qui sont mises en place dès la 4è à St Joseph (en 4è avec le soutien de l'APREEAM, en 3è avec le concours du Rotary de Roquebrune Beausoleil et l'opération "un métier, un jour" qui se pratique depuis plus de 20 ans, en 2de avec l'offre faite aux familles de terminer l'année scolaire par une insertion en entreprise, et plus tard pour tout élève qui le désire, la possibilité de pouvoir faire une période d'observation dans l'entreprise souhaitée pour valider ses choix).
4. L'option DP3 en 3è qui permet aux élèves qui l'ont choisie de rentrer en contact avec de nombreuses entreprises locales par le biais de visite de ces entreprises, et qui invite des acteurs économiques à présenter leur entreprise à l'école.
5. Mes collègues de la branche professionnelle dans le secteur tertiaire de St Joseph qui organisent des périodes de plusieurs semaines d'insertion en entreprise. La branche professionnelle de St Joseph organise d'ailleurs chaque année une rencontre entre les entrepreneurs qui participent à l'accueil des élèves et les élèves avec leurs enseignants.
3. Le goût de l'effort se perd, les métiers manuels sont souvent délaissés par les jeunes, comment motiver à votre avis une génération plutôt axée vers les nouvelles technologies ?
Je ne pense pas que les métiers manuels aient à souffrir de l'arrivée des nouvelles technologies, par contre elles sont une composante incontournable dans l'évolution de ces métiers. Un mécanicien auto en 2010 ne fait pas le même métier qu'un mécanicien auto des années 80, son environnement est complètement différent, ses tâches ont évoluées. Les jeunes qui ont appris à l'école à s'adapter et à utiliser ces nouvelles technologies seront plus à même de trouver un emploi et de le garder à condition de savoir évoluer avec les progrès techniques. L'enjeu de l'école actuelle est certainement d'apprendre à travailler avec les outils de notre temps et surtout d'apprendre à apprendre. Si vous apprenez à vos élèves à utiliser les nouvelles technologies, que vous les pratiquez avec eux en classe, vous pouvez par exemple leur demander de faire un travail à la maison en binôme ou en groupe, avec une production papier et un fichier informatique envoyé sur une boite mail, ils mesurent cette évolution technologique, ils constatent qu'ils y participent, c'est plus motivant pour eux, même si cela les déstabilise un peu, et si cela les oblige à travailler différemment. Nous constatons une évolution dans le regard porté sur les métiers dit "manuels", qui en fait ont quand même une grosse composante intellectuelle. Le message à faire passer porte plus sur le plaisir à faire un métier choisi, que choisir un métier qui est socialement plus "côté" dans certains milieux mais qui intéresse moins le jeune, et nos jeunes et leurs familles commencent à bien le comprendre. |